BIOGRAPHIE:

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En septembre 2014, Fabien s'envole pour Stockholm. Tout juste diplômé de l'ISBA (Institut Supérieur des Beaux Arts de Besançon), sortant avec un Master en art, il quitte la France pour rejoindre un artiste Suédois avec qui il va travailler plusieurs mois au royaume social-démocrate. Nietzsche et son Zarathustra en poche, il part dans l'idée de rapprocher ses lectures récentes de l'expérience du voyage et la découverte d'un territoire inconnu, se confronter seul en tant qu'artiste aux réalités sociales et culturelles d'un pays. Cette aventure va profondément marquer sa pratique plastique et l'emmener vers une écriture plus cinématographique et documentaire. Il revient en Mars 2015 avec un premier long métrage documentaire intitulé The New Idol, d'après un poème de Zarathustra. Il a rencontré au cours de son voyage dans le « Wild Wild North » une population encore sous-représentée qui continue de se battre pour le respect et la reconnaissance de ses droits en tant que peuple autochtone, les Samis. La biennale d'art de Venise de 2017 consacra elle aussi le combat de ce peuple en soutenant le travail de Maret Anne Sar, artiste Sami Norvégienne. C'est à ce moment en tant que jeune artiste qui cherche encore à affirmer sa démarche, que ses recherches et son travail s'orientent vers un rapprochement de l'art, du corps et du discours politique.

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Entre 213 et 2015, il effectue plusieurs allers-retours en Grèce. La situation sur place est bien différente de l'image qu'en donnent les médias en France, elle est bien pire et bien plus complexe. La révolte est la volonté de la jeunesse d'Exarchia est un véritable souffle révolutionnaire. Fabien s'inspire de toute l'imagerie et de l'imaginaire qui en découlent, et réalise là-bas un second film documentaire, Where is Meymey ? , qui juxtapose les discours politiques des médias français et de Alexis Tsipras à des interviews de gens qu'il rencontre lors de son enquête sur la disparition des chiens errants au centre d'Athènes. « Where is Meymey ? Quitte alors le terrain de l'anecdote pour nous amener vers celui de la réflexion politique et historique ; et en effet, que deviennent ces traditions d'entretien communautaire des bêtes dans un monde où tout s'achète et se vend et où la tranquillité de quelques touristes bien nés prime sur toute autre considération ? Aujourd'hui sans doute parquerait-on Diogène et son tonneau dans un asile de SDF, lui, le vieux maître dont les disciples se nommaient justement les Cyniques, les Chiens ». Citation de Laurent Devèze, philosophe.

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Quelques mois plus tard en France, Fabien est contacté par un ami à lui qui a un projet, fonder une ONG Européenne qui réponde aux manquements des États face à la situation en mer Méditerranée. Il rejoint l'équipe à Paris, Marseille puis Berlin, pour réfléchir à la façon de procéder, pour écrire une nouvelle page de l'histoire. En septembre 2015 naît l'ONG SOS Méditerranée. L'Aquarius quitte le port de Marseille le 20 février 2016, direction les eaux territoriales libyennes. Durant les mois qui suivent, Fabien travaille aux côtés de l'ONG, et monte finalement à bord du bateau en septembre 2016. Il réalise au sein de l'équipe de sauvetage un nouveau long-métrage documentaire, Exodos. Le titre correspond à celui de la quatrième partie d'Oedipe roi, de Sophocle, métaphore d'une Europe qui préfère se crever les yeux plutôt que de faire face aux conséquences de ses actes et choix politiques. Le film en prend le contre-pied idéologique et montre de manière directe la triste réalité des actes qui se déroulent en ce moment à nos frontières. La mer en est le personnage principal, elle se découvre sous différentes angles, rose et scintillante sous la lumière de l'aube, sombre et terrifiante au regard de la lune. Le film montre les mouvements d'hommes et de femmes, leur traversée et leur rencontre au cœur de ce no man's land, territoire indompté et meurtrier. Il est conçu comme une expérience pour le spectateur, sans paroles, le dialogue s'opère à travers les images, contre-champ du discours de Frontex sur l'activité des ONG qui interviennent en mer.

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Ces quelques années de voyage et de recherches amènent Fabien à réfléchir sur de nouvelles formes et nouvelles approches du travail artistique, et notamment réfléchir à l'implication et la place de l'artiste au sein du groupe social. Les difficultés récurrentes à financer, mettre en place des projets, et les diffuser, le pousse dans une recherche et reflexion sur le rôle même de l'artiste et son rapport au spectateur. En mars 2017, il fonde alors le projet Parabole. C'est un projet global de recherche, de création et de documentation sur le rapport qu'entretien l'artiste avec un territoire et les acteurs locaux qui le composent. Le collectif investi des lieux qui n'ont pas forcément de rapports à l'art et qui souhaitent l'intégrer dans leur développement. S'en suit la création de résidences d'artistes, d'événements et expositions. Les artistes engagent un travail et une discussion avec les différentes typologies de personnes présentent sur le lieu, qu'il s'agisse d'artisans, d'agriculteurs ou de commerçants en milieu rural, comme de travailleurs sociaux ou municipaux dans d'autres territoires. Ces expériences résultent sur une documentation pluri-disciplinaire qui met en avant la transformation des rapports et des conceptions liées au rôle de l'artiste, mais aussi dans l'ensemble aux rapports entre l'expérience intime face au groupe social, au politique. Parabole a mis en place des résidences d'artistes chaque année depuis 2017, au sein du tiers-lieu l'Hermitage, dans le nord de la France, mais aussi auprès du tiers-lieu La Baraque, dans l'Est de la France, ainsi que des expositions dans différentes villes. Cette expérience a déjà réuni plus d'une trentaine d'artistes de tout le pays et se développe encore sur de nouveaux territoires.

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En 2018, Fabien s'envole pour le Brésil. Il va parcourir le pays en compagnie de Natalia Albuquerque, dans une recherche et création d'un film qui met en avant l'organisation militaire des différents États brésiliens dans l'accueil des réfugiés Vénézuéliens. Il réalise Les statues de Fortaleza, contre-point politique de la gestion européenne, le film tend à montrer qu'un pays politiquement et économiquement beaucoup plus instable, est prêt à ouvrir ses frontière et mettre en place une véritable politique et mécanique d'accueil des plus démunis. On y découvre comment les réfugiés traversent le pays à pied en utilisant un procédé artistique qui leur permet chaque jour de subvenir à leurs besoins, sans jamais avoir à faire la manche. Fortaleza est la capitale de l’État du Ceara au Nord Est. Peu de réfugiés ont déjà atteint ce point, car moins attractif que les villes du sud. Pourtant chaque midi et chaque soir, au centre ville et sur la plage, se rejoue sans que personne ne le remarque ou presque, sous le masque des statues, le drame de l’exil.

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En 2019, Fabien participe en Suède à un festival de musique performative créée à partir des ondes cérébrales. Il en tire le film Where do the waves go? Le film met en scène un groupe imaginaire de Brain Wave Music qui trouverait sa place dans l'histoire de cette expérimentation musicale, au milieu des grands noms tels que Atau Tanaka et David Rosenboom. Il continue jusqu'en 2021 de collaborer avec Per Hüttner, fondateur de Vision Forum, à l'écriture de projets participatifs et résidences d'artistes dans différents pays.

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Durant l'année 2020 et début 2021, Fabien réalise Petits Princes, en collaboration avec le Centre Image de Montbéliard et le centre éducatif La Grange La Dame. Le film s’articule autour d’une rencontre, celle de l’auteur avec un groupe de jeunes de Montbéliard. Ils vivent en France depuis peu de temps, et n’ont pas choisi la ville où ils résident. On les appelle MNA, pour Mineurs Non Accompagnés. Un sigle, qui comme tant d’autres, ne veut pas dire grand chose pour eux. Ce n’est pas eux qui l’ont choisi, c’est la dénomination qu’on leur a donnée. Derrière cet acronyme pourtant, il y a des visages, des rires, des pleurs, des danses et des rêves, souvent brisés. Alors ici nous parlerons plutôt de Mohamed, de Joël, Ibrahim, Niankoye, Silvestre, Abraham ou encore Dioukouba. Nous apprendrons à les connaître à travers leur expérience du cinéma et leur rencontre avec Fabien. Ensemble, ils ont écrit et réalisé un film. Un court métrage de fiction, ou documentaire, on ne sait plus trop. Car ce qui se dessine, ce n’est pas la réalité telle qu’ils la voient, mais telle que nous pourrions l’imaginer. À l’aide d’une caméra, ils mettent en scène des personnages plus ou moins proches de leur réalité, qui mélangent leurs désirs et désillusions. Ils nous racontent une histoire à travers laquelle on découvre leur monde, et sur lequel se pose un double regard. Au coeur du documentaire, cette fiction sert à créer une rencontre, un échange qui est le socle du film. Ce qui compte finalement, c’est qu’ils puissent l’espace d’un moment, même fictionnel, vivre cette vie dont ils ont tant rêvé, sur le chemin qui les a menés jusqu’ici, et mettre dans une boite leurs rêves, pour ne pas les perdre.

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FILMOGRAPHIE :

- 2015 -WHERE IS MEYMEY?
- 2015 -THE NEW IDOL
- 2017 -EXODOS
- 2019 -LES STATUES DE FORTALEZA
- 2020 -WHERE DO THE WAVES GO?
- 2021 -PETITS PRINCES